Gwenn :

Encore des nouvelles ^^ Quand on a le net gratuit, autant en profiter...

En meme temps, je sais pas si je suis bien placee pour commencer ce post, sachant que Julien a treees envie de vous parler de ce que nous avons fait hier. Mais je peux toujours commencer par vous dire qu'on est tout a l'ouest de Kyushu, maintenant.

Quoi, direz vous, vous n'etes point a Okinawa ?
Non : on n'a ni le temps de faire du bateau-stop, ni de quoi payer le ferry. On reviendra, pour ca et pour toutes les choses qu'on aimerait voir, et revoir.
On n'est pas non plus dans le sud de Kyushu, parce que le temps presse juste assez. Alors a Aso, on a commence a vouloir aller au sud, puis on a change d'avis, et de cote de route, pour mettre le cap sur Beppu.

Ca a tres bien marche, naturellement, meme si le gars qui nous conduisait aurait pu avoir une demi-douzaines d'accidents au cours du trajet, notamment quand il a pile net pour ne pas ecraser un chat. "Il etait mignon", qu'il a dit, et que voulez vous repondre a ca...
Beppu est une ville relativement denuee d'interet et je me demande encore pourquoi les gens y vont. Certes, c'est une grosse station thermale, il y a huit quartiers de onsen, mais ce n'est pas specialement joli - sauf pour nous, qui apprecions tout particulierement les rues un peu penchees, avec des mamies a angle droit qui reviennent du sento et des maisons mangees par les plantes. La montagne derriere est bien belle aussi... et il y a la mer, qu'on est meme pas alles voir pour prendre notre petit dej'. Qui fut royal, puisque nous primes de petits pains dans une boulangerie ouverte en 1917. C'etait : bon !
Apres on a trouve du gaz, et quelques provisions mais cela n'a pas grand interet.

Julien :

(Note pour Aldre: tu vois ce que ca fait de gaver les Japonais d'images de petits chats mignons!)

Beppu est bien etrange; son seul interet touristique reside dans ses emanations d'origine volcanique, dont la ville a fait une sorte de parc d'attractions d'un gout un peu douteux.

Nous, on en profite pour se ravitailler en cartouche de gaz, et faire un petit tour dans un endroit qui nous faisait envie depuis le debut du voyage : les Onsen Secrets de Beppu. Il s'agit de sources chaudes situees en pleine nature, et qui ne sont d'ailleurs plus si secretes que ca puisque, depuis que le Lonely Planet en a revele l'existence au monde entier, on peut s'en procurer des cartes a l'office de tourisme. Lesdites cartes etant estampillees "carte des sources cachees" dans une calligraphie tres romantique. Vous voyez le genre!

Mais, meme une fois les cartes en main, bien des periples attendent encore nos courageux aventuriers! Deja, il faut prendre le bus pour vingt minutes jusqu'a un arret situe a l'exterieur de la ville, en pleine montagne. La route qui y demarre est un labyrinthe de lacets qui serpentent entre la foret et des plaines magnifiques dont la vue vaut a elle seule le deplacement. Ne cherchez pas de panneaux indicateurs, il n'y en a pas, et les gens qui peuplent ce lieu retire parlent tous avec l'accent local, dans lequel les mots "bain", "fleuriste" et "auberge de jeunesse" ont la meme sonorite. 

Apres avoir demande son chemin plusieurs fois aux habitants du coin (dont la specialite semble etre de tracer des cartes contradictoires sur des bouts de carton mouilles), vous arriverez, epuises, sur un morceau de route crevee par les nids-de-poules, ou une balancoire abandonnee fait face a un abribus dans lequel des arbres poussent insouciants. Marchez encore un peu, jusqu'a un minuscule sanctuaire shinto qui marque la fin de votre calvaire: Hebi no yu, un des bains les plus secrets du Japon, vous ouvre ses eaux.

Bon, en fait de bain, Hebi No Yu s'apparente plutot a une pataugeoire de luxe. Les toilettes sont inexistantes, mais une ame charitable a creuse des latrines dans les bois alentours. Quant aux bains proprement dit, ils consistent en de petits bassins de pierre recouverts de mousse et alimentes par un ruisseau de montagne (chaud). C'est un lieu magique!
Pour ceux qui veulent y passer la nuit ou se refugier des ours, une petite cabane est meme a disposition. Bref, l'endroit semble abandonne, mais tout est propre et fonctionnel: en fait, Hebi no Yu est en grande partie autogere par les habitues.

Comme vous l'avez compris, tout se passe donc en pleine nature, dans un cadre totalement onirique, la surprise etant par contre que cet endroit merveilleux est... mixte. Les gens sont donc pries de venir en maillot de bain ou, pour les moins pudiques, de s'enrouler dans une grande serviette de plage. Ce que, bien sur, nous ignorions avant de voir debarquer une caravane d'une demi-douzaine de touristes en goguette pendant que nous faisions nos ablutions en tenue d'Adam et Eve... s'ensuivit un moment de flottement un peu gene.

Finalement, tout s'est bien passe. Certains des visiteurs s'etant reveles etre de sympathiques Belges, nous avons pu converser en Francais (et en serviette) sur nos voyages respectifs. Bref, ca valait le detour!

Prochain post depuis l'ile de Shikoku si tout va bien.

Gwenn :

Comment se deplacent-ils ?

En stop, evidemment.

Certes, depuis quelques temps, ca marche specialement bien, mais globalement, on n'a pas eu a se plaindre, malgre quelques jours de loose integrale.

On a decouvert des trucs. Par exemple, les japonais s'arretent n'importe ou, meme quand il n'y a pas la place pour. Hier nous etions en plein centre ville, devant la gare, sans espace pour se garer, et un gars nous a pris quand meme. C'est tres confortable cette idee. Tout comme le fait que les gens attendent toujours patiemment qu'on grimpe avec nos gros sacs, voire nous ouvrent le coffre (en France, ils auraient plus tendance a nous dire de nous grouiller).
Nous possedons egalement une ardoise Velleda pour noter la destination, ce qui en general nous aide bien. Quand ca ne marche pas, on l'abandonne ou on change pour une ville intermediaire, mais il n'en reste pas moins que c'est bien pratique. Surtout que les villes sont a noter en kanji, evidemment, et que pouvoir effacer les bourdes, ca aide ^^.

Sinon... qui nous prend ? Surtout des hommes, des couples, des salarymen (faciles a reconnaitre, le salaryman fume, boit du cafe et porte toujours un costard), des femmes seules, des routiers, par ordre de frequence. Les routiers sont nos amis, puisqu'ils vont loin, mais il faut aller les aborder aux aires de repos des autoroutes, ce qui n'est pas toujours evident. Mais quand ca marche ! Personnellement, j'adore quand on est en camion parce qu'on a une vue panoramique et en hauteur de la route. Meme si certes, celui ou celle qui monte sur la banquette de repos est loin d'etre en securite en cas d'accident.

Quant a la securite routiere, les japonais sont des conducteurs tres civilises, qui ne klaxonnent guere que pour remercier qu'on les laisse passer. Ils ont tous des belles voitures, confortables, avec de grandes portes, tres propres, parfois aves des couvre-sieges en dentelle tout a fait kitch. Mais pour etre honnete, il y a encore plein d'affiches pour dire qu'il faut aussi s'attacher a l'arriere, et on ne trouve pas toujours la ceinture, justement ! Les mamans tiennent souvent leur bebe sur les genoux sur le siege du passager, aussi... Les gens telephonent couramment au volant, aussi, ce n'est manifestement pas interdit.
Toutes les voitures sont dotees d'un GPS integre, et qui fonctionne. Quand ils se mettent a le regler sur la route, on a aussi un peu peur.
La vitesse est limitee a 80km/h sur toutes les routes, meme l'autoroute, meme si sur celle-ci les gens vont plutot a 100km/h. Ailleurs impossible de rouler bien vite : il y a des feux rouges partout, les ronds points n'existent pas !

Sinon des fois, on fait avec les pieds. Nos sacs se font assez lourds, au propre comme au figure, surtout que mon dos se disloque joyeusement des que je force trop dessus. Donc en fait, quand on marche, on laisse les sac a la consigne, voire, dans une rue peu passante.

Il y a aussi le train, pas trop cher sur de courtes distances, qui nous permet de sortir des villes. Le systeme japonais est assez peu descriptible en peu de lignes, mais entre les tarifs enfants et les gares paumees ou personne ne controle, on arrive a... euh... faire quelques economies innocentes, disons. Un peu pareil pour le bus, on le prend parfois, mais dans le bus on ne peut pas gru.... euh. Economiser.
Et le bateau, qui coute bien moins cher que le train, pour aller a Hokkaido par exemple. C'est un moyen de transport assez courant sur l'archipel.
Quant aux taxis ! Aha, non on n'en prend pas, sauf cas extreme comme Hiroshima. Comprennez que on vous charge de 600yen pour les deux premiers km, puis de 80yen tous les 500m : ca grimpe encore plus vite qu'on ne le pense... Le taxi d'Hiroshima a donc ete bien aimable de nous faire une ristourne ^^.