Julien qui parle :

Salut à tous!

Voici une semaine que nous sommes partis. En lisant le journal ce matin, nous avons vu qu'un avion d'Aeroflot s'était écrasé en Russie, alors on s'est dit qu'on allait peut-être vous donner des nouvelles... blague à part, c'est la première fois que nous avons l'occasion d'utiliser Internet depuis plusieurs jours, et il va malheureusement en être ainsi, a priori, pendant toute la durée du voyage.

Impossible de tout résumer en si peu de temps. Sachez juste que le stop marche du tonnerre, et que les gens sont merveilleux de gentillesse. D'ailleurs, les 100 petites Tour Eiffel en métal que nous avions emportées pour offrir marchent très bien.

Le plus dur, c'est pour se laver. Il n'y a pas beaucoup de bains publics, heureusement, quelques stations thermales pas cher parsèment la région. Quant au linge... eh bien, disons que si ça continue, il va falloir utiliser l'eau du lac!

Chaque soir, nous plantons la tente dans un lieu différent. Il faut savoir qu'ici, le soleil commence à se coucher vers 17h. Alors, c'est la course pour trouver un petit coin où camper... malheureusement, au Japon, il n'y a que la mer, la ville, et la montagne. Et sachant qu'on a commencé à construire sur la mer par manque de place dans la montagne...

On arrive quand même à trouver notre bonheur dans de vieilles bambouseraies ou des coins de parking herbeux.

Il faut que vous laisse. J'oubliais : nous sommes à Kawaguchiko, petite ville construite autour d'un lac enchâssé dans des montagnes où les nuages s'écoulent paresseusement. Et qu'y a-t-il à Kawaguchiko? Je vous donne un indice : ça mesure 3776m, et on dit que celui qui le gravit deux fois est un fou.

Gwenn parle :

Bien que dire de plus ? 

On attaque la grimpette ce soir, entre un Julien comme toujours certain que ca va bien se passer et une Gwenn morte de trouille.

Sinon oui, on est toujours vivants, meme si tous les soirs je sers de resto pour les moustiques locaux. On dirait qu ils se passent le mot quand on debarque, mais j ignore comment ils trouvent encore la place de piquer... Cinq au coude gauche, au poignet droit, a la cheville gauche, trois dans le cou, six dans le bas du dos, six autres a un endroit que lq decence me defend de nommer (ils m ont piquee a travers le pantalon...), et un certain nombre sur les bras et dans le dos. Ca m'gratte quoi !

Quoiquil en soit, avec ce mode de voyage, on se met a savourer des trucs delicieusement primaires, comme une occasion de se laver, par exemple. Hier, aux sources chaudes, ce fut donc un vrai bonheur : de l'eau a volonte, un bain chaud mais pas brulant, une serviette de bain propre, et un calme certain. On s'y serait volontiers endormis, je pense.

Pas le temps de dire grand chose de plus, le bus part bientot et on a pas grand chose de pret. Il y aurait de toute maniere trop de choses a dire, puisque tout est nouveau, mais enfin sachez que nous sommes en vie et en bonne sante. Et pour ma maman qui cherche sur la carte ou on est : a une cinquantaine de km au sud ouest de Tokyo. A ma droite par la fenetre, le Mont Fuji....