Arménie

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 5 avril 2010

Dernier post d'Istanbul

Bon, cela sera surement le dernıer bıllet sur Istanbul, car demaın la journee rısque d'etre chargee... ou de ne pas l'etre du tout, cela dependra. On doıt etre a 13h a l'aeroport maıs pas sans avoır achete des loukoums et vısıte Saınte Sophıe, et ıl est possıble que nous ayons un joaıller a rencontrer dans la matınee aussı. C'est pas que ca faıt beaucoup, c'est que de Saınte Sosso a l'auberge ıl y a une bonne demı-heure de transports, et autant entre ladıte Saınte et l'aeroport.

Pour autant, la journee a ete tres satısfaısante. Enfın hıer, deja, hıer aussı c'etaıt cool : leves 7h pour la messe de Paque (toujours a l'autre bout de la vılle...) au patrıarchat armenıen, ou nous sommes restes deux heures (avant de suffoquer a cause de l'encens et de la foule quı se bousculaıt pour voır le Patrıarche. On a ensuıte un peu traıne dans le quartıer ancıen de Kumkapı, avant d'aller faıre quelque chose de fınalement un peu stupıde : chercher un bus pour Erevan pour prendre un depart en photo.

Voıla comment on se retrouve a l'otogar, endroıt repute pour etre le plus laıd d'Istanbul, ce quı est assez vraı. C'est theorıquement une sımple gare routıere, en pratıque 150 quaıs quı peuvent vous mener juste partout, de Teheran a Sofıa, Budapest, Baku, au Kurdıstan, pıs partout aussı en Turquıe, cela va de soı. Le truc debıle, c'est qu'ıl faut etre assez motıve et bıen chausse pour degotter le bus pour Erevan, car pour chaque quaı, ıl y a une compagnıe de voyage et un rabatteur quı veut t'emmener au bout du monde. Au fınal, sans avoır teste toutes les optıons, on est repartıs avec des horaıres, et un autre lıeu de depart. Qu'on n'a pas trouve hıer, et qu'on a longtemps cherche cet aprem...

Apres, apres avoır abandonne l'ıdee de trouver l'Otogar de Yenıkapı ou d'Aksaray, quı ne font qu'un, on a euh. Ben on a glande, je croıs bıen.

Ce matın, rebelote pour le lever trop matınal, afın de nous rendre a 15mın de l'auberge a la redactıon d'un journal. Bon, c'etaıt tres theorıque, on a mıs troıs plombes a trouver. Faut dıre que le numero de rue ecrıt au crayon a papıer sur les murs, ce n'etaıt pas tres favorable a une bonne orıentatıon... On a degotte la : le nom d'un joaıller tres celebre d'orıgıne armenıenne, et des ındıcatıons plus precıses pour l'otogar fantome.

Apres une sıeste, hop, on repart chercher l'otogar, dans des quartıers tres commercants de la vılle. Une rue quı dısparaıt, un chantıer geant quı eventre un quartıer ancıen, on se perd et on s'enguırlande, on faıt demı-tour et fınalement on met la maın dessus au mılıeu d'un quartıer entıerement consacre aux voıtures.

Et l'otogar d'Emmınyet Garaj, c'est carrement un autre monde, c'est la route de la soıe, c'est un caravanseraıl, je saıs pas, c'est un des endroıts que je connaıs quı a le plus l'odeur de la route et de l'aılleurs. Il a deux fonctıons : transports de passagers et de marchandıses. Des agences de voyage, des bus, de grands camıons charges de textıles partout, et partout les memes desıtnatıons : Ermenıstan (notre bonne vıeılle Armenıe), Kurdıstan, Bakou, Tbılısı. Des routıers quı chargent des ballots, se lavent les pıeds a la fontaıne, demandent a ce que je les prenne en photo (mon centımetre et demı de ventre apparent surement...)

L'autoroute de la soie

C'est impressionnant de voir tous ces camions et ces bus alignés entre quatre murs et un ciel. On se croirait dans un camp de forains. Dans quelques heures, quelques minutes, l'un d'eux va partir, peut-être vers une de ces villes dont le nom est peint en bleu sur tous les murs. Baku, Tbilissi, Erevan... 

Après avoir fait quelques photos, nous partons visiter Samatya, l'ancien quartier arménien situé à deux pas d'ici. Pauvre quartier! Cerné par deux autoroutes, la moitié a déjà disparu dans un gouffre béant rempli d'engins de chantier. Sans doute un futur centre commercial géant. Il ne lui reste plus qu'à se jeter dans le port d'Istanbul, tout proche.

En attendant, de vieilles maisons de bois aux couleurs vives tiennent fièrement tête aux bulldozers. Elles sont vides : les habitants profitent du soleil pour sortir les chaises et bavarder. Les enfants courent après les poules, et de vieilles femmes trient des huîtres à même les pavés. Personne ne semble nous voir. Au loin, on entend un muezzin appeler à la prière. Je me souviens du regard d'une petite fille qui apprenait ses leçons dans un bout de jardin. A quoi ressemblera son quartier quand elle sera plus grande?

Spécialités locales

La suite de l'après-midi se résume en trois lettres : NKB.

N pour Narguilé. Quand on se pose dans un bar à chicha pour boire un thé en regardant les dizaines de lanternes en verre qui pendouillent au plafond.

K pour Kurde. "Ca ne fait que deux ans que nous avons le droit d'écouter ce genre de musique" raconte un Kurde aux cheveux grisonnant en désignant un vieux radiocassette. Ce Monsieur à la moustache fournie est vendeur de textiles. Il a été six fois en France, mais aussi dans le Caucase et aux Etats-Unis, principalement pour vendre des tissus. Son père était berger. Maintenant, il a un magasin dans le Grand Bazaar d'Istanbul. C'est un Alevi, une branche de l'Islam dont la Turquie nie l'existence. On discute comme ça quinze bonnes minutes. Il me parle de la musique kurde. Quand on part, il nous donne la cassette.

B pour Baklava. Goûter de Baklavas, pâtisseries à l'huile, au miel et à la pistache, dans la plus célèbre fabrique de baklavas d'Istanbul. Autant vous dire que ç'a pas été facile de remonter la côte après...

Bref, retour demain. On veut pas partir!

samedi 3 avril 2010

Histoires de bouffe

Istanbul c'est toujours cool. Je peux pas en dire beaucoup plus, on passe surtout pas mal de temps a traverser la ville (qui est immense et superbe, ce qui nous dissuade de prendre les transports en commun mais nous fait perdre un temps fou !), et a chercher de la matiere pour notre travail... mais ce n'est rien de dire que ce n'est pas toujours facile, surtout pour moi niveau photo... non, vraiment pas tres facile.

A cote de ca la ville elle se laisse bien photographier, c'est deja cette frustration en moins. Mais definitivement, c'est la bouffe notre amie, meme s'il y a un peu de la viande partout. On se regale de pains ronds recouverts de sesame, de jus de fruıts mixes sous nos yeux,  de the noir a vous faire regretter le cafe, de baklava (pour celles quı ne savaient pas, pour faıre un bon baklava : prendre de la pate filo fine et legere, ajouter le triple de gras et le triple de miel, saupoudrer de pistaches piles parce que le vert c'est joli. Ca colle aux doıgts, aux dents, a l'assiette et a l'estomac : c'est divin). Il n'y a que les jus de fruits qui coutent plus d'une lira (50 cts d'euro).

Pas grand chose a blablater ce soir, d'autant que demaın nous devons être pour 9h de l'autre cote du Bosphore pour la messe de Paques au patrıarcat armenıen... donc voıla, stout :)

Note pour Jean-Phillipe : il est reellement deconseille de boıre l'eau d'Istanbul, et vu la quantıte de bıdons d'eau quı circulent, on aime autant ne pas tenter le diable :p

vendredi 2 avril 2010

La petite église au fond de la ruelle

Chaque jour, ils sont des millions à s'engouffrer dans İstiklal Caddesi, la grande avenue du quartier européen d'Istanbul. Des Champs-Elysées en miniatures, bordés de boutiques ouvertes toutes la nuit et de restaurants où tout le monde parle anglais. Et toujours, cette marée humaine de jeunes bien habillés qui causent dans toutes les langues du monde. Et ces joueurs de musique tous les dix mètres. Et ces femmes en fichu et en robes à fleur qui vendent à la criée des tickets de loterie.

Mais il suffit de s'engouffrer dans les petites rues pour découvrir un tout autre décor. C'est ainsi qu'en remontant une venelle aux pavés détrempés par la pluie battante que nous sommes tombés sur l'Eglise de la Sainte Trinité.

De l'extérieur, elle ne paye pas de mine, la petite église. Des grilles garnies de fil de fer barbelé nous montrent les dents, et une cheminée plantée dans le mur crache autant de fumée que tous les narguilés de Constantinople.

Un peu craintifs, nous poussons la porte et tombons nez à nez avec un pasteur luthérien qui se prépare au culte. L'abside est minuscule et encombrée d'une trentaine de chaises de jardins sur lesquels somnolent les fidèles (sans doute les membres de la petite communauté protestante de la ville).

On nous fourre entre les mains un livre de chants et une Bible (en Turc). Le pasteur, un grand type roux en robe blanche immaculée, entame la lecture. Devant nous, une vieille dame nous aide à suivre en nous montrant du doigt les différents passages. Sur notre gauche, un bourdonnement, comme un écho : c'est un Finlandais qui traduit les paroles du saint homme à l'oreille de son amie. La rangée de droite écoute attentivement. Celle de gauche pique sérieusement du nez. Sans doute à cause de la présence de deux énormes radiateurs de brasserie qui ronronnent dans le déambulatoire.

Lorsque nous prenons congé, c'est pour retrouver la nuit pluvieuse et humide d'Istanbul, ses néons et ses passants cachés sous leurs parapluies. Ils filent. Ils n'ont rien vu.

jeudi 1 avril 2010

La vraıe journee du poısson

Bon, on a ete mechants : ceci est donc un dementi, tout va pour le mieux, j'ai juste mal aux pieds.

La vraie journee a commencé vers trois heures du matin, lorsque sont arrives nos camarades francais, et qu'une personne un peu aigrie leur a gueulé d'arreter de chuchoter parce que cela l'empechait de dormir - permettant ainsi a tout le monde de partager sa frustration. Grandiose, surtout apres son scandale d'une heure du matin pour avoir un autre lit...

Bref, lorsque la vraie heure de se lever fut venue, on n'etait pas de premiere fraicheur, surtout pour se colleter l'affrontement avec le double systeme de numerotation des rues Stambouliotes... Cela fait, nous avons pu rencontrer le redacteur en chef d'un des troıs journaux armeniens de la ville, quı nous a parle de pas mal de choses au sujet de la minorite armenienne, et surtout de son journal en fait.

En attendant le rendez vous suivant, nous avons tenté de visiter des écoles, mais pas de bol : c'est les vacances de paques pour les petits armeniens... pas de photo de classe en vue donc. Les eglises associées sont plutot recentes maıs asez belles, c'est dans l'une d'elle que nous irons voir la messe de Paques :)

Nous avons ensuite rencontré une armenienne d'Istanbul quı parle plutot bien francais, avec un regard un peu different sur la communauté d'ici. Elle nous fera visiter demain plusieurs endroıts importants pour les armeniens : un cimetiere, un hopital et un orphelinat ; j'espere qu'elle pourra aussi nous  introduıre aupres du patriarcat. On commence a y voır plus clair sur ce que cela peut representer d'etre armenien ici (en gros, assez complexe sur la question de l'identité, et au moins autant concernant la politique).

Vala vala !

... premıeres galeres:...

Bon ıl faıt beau maıs on a bıen besoın de ca pour se consoler.

Ce matın, premıere galere, nous sommes (tres) malades, probablement a cause de l'eau quı est reputee non potable. Ca nous apprendra a faıre nos warrıors, maıntenant on connaıt chaque detaıl du carrelage des toılettes de l'auberge >_<. Regıme rız et eau mınerale jusqu'a nouvel ordre...

D'aılleurs ca tombe pas sı mal, parce que je me suıs faıt tırer mon porte monnaıe ce mıdı au grand bazar, avec dedans les troıs quarts du budget du voyage... pas de papıers heureusement, contraırement a Julıen quı n'a plus sa carte d'ıdentıte.
Elle luı a ete retıree par des polıcıers turcs pour des raısons qu'on n'a pas comprıses, maıs vısıblement ses cheveux longs et sa boucle a l'oreılle ne leur sont pas revenus. C'est grace a l'ınterventıon d'un expat que nous avons echappe au poste (sınon on auraıt un pu faıre un reportage sur les prısons turques, remarquez).

Nous avons deja passe la moıtıe de la journee au consulat (et aux toılettes du consulat, fort jolıes d'aılleurs) pour tenter d'arranger ca, maıs c'est vısıblement complıque, car fıgurez vous que la Turquıe menace de fermer temporaırement sa frontıere avec l'europe suıte aux declaratıons de notre Erıc Besson au sujet de "la presence excessıve de vendeurs de kebabs [quı] menace la gastronomıe francaıse et le cachet hıstorıque de nos rues".

Comme sı ca ne suffisait pas, on est toujours sans nouvelle des deux personnes de l'EJT qui travaillent sur la minorité kurde.

On n'en met pas plus pour ne pas vous inquiéter. Plus de nouvelles demain. On termine quand même par une petite image d'Istanbul : ci-dessous, le marché aux poissons.

Bisous bisous ^^

mercredi 31 mars 2010

Premıer jour...

Bılan de la premıere journee : j'aıme toujours autant Istanbul :)

Nous avons cherche des eglıses, vısıte la Mosquee bleue avec les autres tourıstes, et surtout rencontre des moınes domınıcaıns, pas reellement en mesure de nous aıder au sujet des armenıens... sauf qu'ıls nous ont quand meme donne un contact tres ınterressant pour se faıre pardonner !

Demaın nous allons a la redactıon d'un journal armenıen, et voır une dame armenıenne aussı. On nous a dıt qu'on rısque de rencontrer de la mefıance, parce que les gens craıgnent de se faıre espıonner ou emmerder ou je ne saıs quoı. On verra bıen.

Le clavıer est beaucoup trop refractaıre pour que je me lance dans un recıt detaılle, je suıs desolee. J'auraıs aıme vous decrıre la tete de Julıen en decouvrant Sultanhamet vue de la rıve opposee, ou celle dans l'entree de la Mosquee Bleue, quı devaıent drolement ressembler aux mıennes ıl y a quelques annees. C'est un reel plaısır de se retrouver ıcı.

Ce soır arrıve le reste de la troupe de l'EJT (on est arrıves a troıs hıer) maıs on ne saıt pas quand au juste : c'est ca, l'organısatıon ^^

Istanbul

Pour ceusses quı nous suıvent pour la semaıne : nous avons faıt bon voyage et on est arrıves sans trop de soucıs. Pas dormı de la nuıt, y'a un chouette chat a l'auberge et ıl faıt grıs tout pareıl qu'a Toulouse.

C'est a peu pres tout pour le moment :)

mardi 22 septembre 2009

Stepanavan, et le come back a Yerevan

Nous arrivons a 13h20, par le vol en provenance de RIGA, numero 0691, et avec Air Baltic. Si tout va bien ^^.

Gwenn :

Je m'auto-mandate pour le dernier post ^^.

Nous vous avions quittes a Stepanavan, jolie petite ville du nord, vraiment pas loin de la Georgie. Paysage magnifique : la ville est sur un plateau, entouree de moyennes montagnes, en contrebas des gorges assez profondes. On n'a pas trop mis le paysage a profit, d'une part parce que nous voulions surtout manger, et d'autre par ce qu'il faisait  un temps de merde (quoique ca donnait un petit effet theatral au paysage)(tres irlandais, humide pareil). Et pour manger, on a mange ! On a eu du mal a se faire comprendre, mais quand on a vu arriver les trois pizzas et les trois portions de frites, le bonheur etait complet. Il faut dire qu'avec l'episode de la veille nous n'avions presque pas mange le soir, ni le matin (en rade de pain)... Apres ca, il nous a bien fallu quelques quatre heures pour digerer. Et manger des pirochkis par dessus le marche (oui au debut on mangeait sainement, puis on a decouvert des petits gateaux et les pirochki et tout a bascule...).

Pas loin de la ville, il y a : Lori Berd, une forteresse ou ce qu'il en reste. Nuages, ciel tourmente, ruines moussues, tout cela changeait agreablement des monasteres. Le site est en triangle : une face de rempart rabote, deux faces de gorges avec une riviere au fond, et un pont medieval aussi. Aussi bien protegee qu'elle soit, la forteresse a ete prise par tous les peuples de passage dans le coin, armeniens, georgiens, moghols, musulmans, tout le monde. Dans l'enceinte il ne reste plus grand chose, juste assez d'une salle voutee pour nous abriter pour la nuit - il pleuvait encore.

Au matin, toujours cette desolation grise et verte, et le retour vers Yerevan qui demarre.
Finalement, on y est arrives pour l'heure du dejeuner quoique, un peu depassee. Notez, ca faisait 146km, ce qui n'est pas enorme. Apres un leger affolement, du au retour en "ville" et toute l'agitation qui va avec (d'autant que c'etait le jour de la fete nationale...), la crainte de ne pas pouvoir loger au meme endroit qu'a l'aller,et une bonne fringale, tout se debloque : on mange une ratatouille\quiche dans un resto francais, notre hote nous contacte pour nous confirmer qu'on peut venir - mais qu'on dormira par terre, ce dont on se fout comme d'une guigne puisque c'est gratuit, hem.

Et puis aujourd'hui, pour ma part je me suis reconcilliee avec Yerevan, ou au moins les mecs ne te regardent pas comme si tu te baladais a poil sous pretexte que tu as une tete de meteque (oui, ca m'a gavee...), les gens qui ne tirent pas la gueule comme les parisiens, les arbres qui font de l'ombre, et les supermarches avec des Hubba-Bubba. Et l'impression reconfortante qu'on peut tout trouver et qu'on ne manquera de rien - et qu'une douche nous attend a la fin de la journee.

Voila. Il reste quelques incertitudes sur la toute fin du voyage - des obscures histoires de visa et de taxi, mais rien de bien inquietant, mais globalement tout se finit bien :) On n'est pas morts, sauf peut etre de fatigue, et je pense que meme si l'Armenie m'a bien plue, je suis contente de rentrer en France ^^.

Anais :

Gwenn a tres bien resume le dernier episode de notre periple.

Pour ma part je suis a nouveau malade et retiendrais donc comme lecon de ce voyage : qu'il est vital de purifier l'eau et de laver les legumes, car je saurais desormais que je ne supporte vraiment pas l'eau si elle n'est pas impec et que la nourriture doit absolument etre nickel sinon mes intestins se rebellent. Je suis aussi tres heureuse de rentrer, retrouver une langue que je comprends... Oui je dois l'admettre en trois semaines je n'ai pas appris grand chose de la langue armenienne, j'y suis meme restee totalement hermetique, comme quoi certaines langues ne sont pas faites pour moi.

Julien :

Pas que des bonnes notes pour l'Armenie donc! Notamment au niveau de l'ecologie et de la culture de la vodka.

Mais en dehors de ca, quel voyage! Nous avons croise des gens merveilleux et dormi pres de sites que je n'oublierai jamais. Et que dire de leur cuisine ;) Bref, hate de rentrer pour continuer notre petite vie en France, mais aussi beaucoup de tristesse de quitter un si joli pays... A bientot, tous! A demain!

dimanche 20 septembre 2009

Le patrimoine mondial de l'UNESCO, et les joies de ne pas dormir chez l'habitant

Julien :

Tout d'abord, pour répondre à la question sur Chouchi, la ville porte deux noms : l'un, azeri, l'autre, arménien, tout simplement parce que les deux communautés y ont cohabité dans des quartiers différents. Les azéris étant musulmans, on peut voir des mosquées en ruine près du centre-ville. Etant donné que l'Azerbaidjan revendique toujours le territoire où est situé la ville, les habitants peuvent repérer les espions ennemis (les citoyens hongrois, par exemple) à leur façon de prononcer son nom, et les lapider à coups de minuscules cailloux séance tenante.

Nous quittons Noratus à 11 heures. Pour nous donner des forces, la maitresse de maison nous fait boire une infusion locale préparée de la façon suivante : eau chaude + confiture de rose. Pour tenir la route, elle fourre dans nos sacs des poignées de bonbons, un pot de confiture ainsi que des miches de pain et des pommes minuscules mais tellement acides que je m'étonne encore d'avoir gardé toutes mes dents après en avoir mangé.

Nous tendons le pouce vers Dilidjan. La région est montagneuse et très boisée, ce qui amène le Lonely Planet à la surnommer "la Suisse arménienne". Nous dormons dans un jardin public en ruine.

Le lendemain, direction Vanadzor (oui, on dirait le nom d'un méchant de série B dans les années 70), puis Alaverdi. Sur place, nous trouvons le monastère de Haghpat, qui domine de larges plateaux verdoyants le long desquels paissent des troupeaux de nuages. Le monastère en lui-meme est fidèle aux canons locaux : des murs sombres et massifs égayés d'entrelacs en pierre et de croix ouvragées en bas-relief. Le sol est un vrai piège : il est recouvert d'un dallage inégal de pierres tombales infestées de lézards, tandis que dans la bibliothèque, des trous béants indiquent l'endroit où l'on stockait les vivres pour mieux les conserver. C'est la première fois que je vois une bibliothèque où il est permis d'amener de la nourriture...

Anais :

La visite de Haghpat nous a surtout reserve l'agreable surprise d'etre accueillis a notre entree par un tres gentil pretre anglophone. Apres avoir admire les lieux, nous commencions a nous faire la reflexion que pour trouver un lieu ou planter la tente le soir meme, nous serions peut etre avises de poser la question au pretre. Aussitot dit aussitot fait, lorsque nous lui demandames tels de pauvres petits chats egares, s'il ne connaissait pas un endroit ou nous pourrions nous poser, nous esperions secretement qu'il nous offre le gite. En fait c'est presque ce qui s'est passe, il nous a propose de poser nos sacs chez lui pendant que nous cherchions un endroit ou nous mettre. Par ailleurs il nous a aussi offert, de nous prendre une douche dans le presbytere, ainsi que l'usage de la cuisine pour nous faire a manger.

On etait ravi ! Pouvoir se doucher fait partie du luxe pour nous. On en a donc aussi profite pour laver deux trois affaires, qu'on a pu etendre sur le fil a linge qui traversait son jardin de fleurs. Ce pretre contrairement a l'episode que Gwenn va decrire plus loin etait un vrai rayon de soleil. Le genre de personne qui donne foi en l'humanite et qui font qu'on garde espoir et que si jamais on venait nous demander asile a nous c'est sur lui que nous prendrions exemple.

Apres ce merveilleux accueil nous sommes alles visiter Sanahin, le monastere jumeau de Hghpat situe sur le plateau adjacent. C'est un lieu tout aussi beau et paisible qu'Haghpat le pretre en moins, les feuilles jaunies qui commencent a tomber des arbres en plus.

Pour redescendre et pousuivre notre route on a pris un telepherique qui doit bien dater de l'ere sovietique (l'orsqu'on regarde la rouille sur les cables et les engrenages). C'etait une experience d'un type encore totalement different de ce qu'on a pu faire jusqu'a present, l'important etant qu'on en est descendu sans encombre !

Gwenn :

Nous sommes un peu en phase de battement : on a quasiment tout vu, et on se cherche des trucs a faire avant de retourner a Yerevan, mais pas trop vite surtout, d'ici l'avion. Alors autant Haghpat et Sanahin, qui sont des sites classes au patrimoine mondial de l'UNESCO, etaient logiquement sur notre route, autant quand on a tendu le pouce vers Kobayr, on allait nulle part.

Kobayr, c'est sur la grande route donc ce n'est pas si paume, mais pour acceder au monastere en ruine qui s'y trouve, il faut quand meme un peu de volonte, et le Lonely Planet (ce guide nous sauve la vie plusieurs fois par jour). Le village est cache derriere les arbres, il faut monter un petit chemiin abrupt pour y acceder puis ne pas perdre espoir et se taper encore une bonne montee pour aller au monastere en lui meme. Je precise au cas ou vous n'auriez pas une idee assez claire de la chose : il y a une gare mais pas de route. Le village est construit a la verticale, sur la pente, et domine donc par le monastere.

J'estime que ca vaut quand meme la grimpette ; l'endroit est en restauration, mais il n'y a pas de toit, et surtout il reste des grandes fresques, les pauvres, totalement a ciel ouvert... et pourtant pas mal conservees. Or Dieu sait que j'aime les fresques, au point de vaincre mon vertige pour aller me promener sur l'echafaudage branlant afin de faire des photos de plus pres. Passee l'impression de chantier qui s'en degage, le site ne manque pas de charme.

Julien :

Pour ma part, le plus impressionnant s'est trouvé au bout d'un petit chemin rocailleux qui part derrière les ruines et mène à une immense grotte surplombant le vide. Là, l'eau qui suinte tombe en une sorte de pluie perpétuelle qui entretien une végétation quasi tropicale, accrochée désespérément à la paroi. Le plic-ploc des gouttes a quelque chose de réellement envoutant.

Gwenn :

Jusque la tout va bien.

La soiree a commence a prendre une autre tournure lorsqu'un ouvrier du chantier, en nous offrant des noix et du raisin, nous a propose de dormir chez lui Le temps s'anoncant assez mediocre, on a accepte, en s'attendant un peu a devoir encaisser un certain nombre de toasts a la vodka.
On a pas ete decus... Anais a reussi a faire comprendre que ca la rendait malade, moi j'en ai  juste pas bu du tout (je suis tres forte au jeu de "oh mon verre est encore plein !") et Ju, ben le pauvre, il a quand meme du s'y mettre un peu (pas trop je vous rassure, mais cela avait tellement le gout de l'alcool a 70 que...). A la fin c'est devenu limite, le bonhomme ayant oublie la notion de respect du sexe oppose, ivre mort, verbalement violent, son collegue plus net qui tente de nous convaincre de rester moyennant que le geneur se tire, mais on en a eu : marre.

On a fait les sacs vitesse grand V (les duvets etaient deja sortis, bonjour la panique), on a lutte pour sortir et finalement on a accueilli la pluie avec bonheur ^^ Me reste une derniere scene epique en tete: trois francais charges de gros sacs, courrant sous la pluie sur la grand route, poursuivi par le vieux relou et ses 12g d'alcool... on a fait des grands gestes et des jeunes militaires se sont arretes pour nous emmener loin de cette mesaventure (en conduisant comme des dingues en pleine nuit sur une route detrempee, mais vous etes surement assez inquiets comme ca, alors je passe).

On a dormi a Vanadzor pres d'une usine, et la on est a Stepanavan, pour voir une forteresse, mais surtout pour manger chaud et aller sur internet, franchement ^^. Prochaines nouvelles de Yerevan, ou nous partons demain !

(Maman, ok pour la freebox, et bonnes vacances a vous deux !)

Note de Julien : Nous sommes vivants, je répète, nous somes VIVANTS et en bonne santé. Il est tout à fait inutile d'envoyer le GIGN sur nos traces. J'ajoute que nous arrivons le 23 à 13h20, heure française. Tsedessoutyoun!

jeudi 17 septembre 2009

Dadivank, Yehegis, Selim, Noratus, Sevan - et le tabagisme passif

Julien :

Pour notre dernier soir, nous fumes mis a contribution par Armine, notre gentille hote, pour cuisiner une specialite Russe : les Pirochki.

La recette des pirochki est simple : un peu de patates, un peu de pate autour, et BEAUCOUP d'huile. Pour accompagner ce plat dietetique, nous fut servie en guise de boisson la Kampot : des mures bouillies avec du sucre. On s'en lechait les doigts.

Le lendemain, c'est deja l'heure des adieux. Nous offrons a la famille un tirage d'une photo prise ensemble quelques jours auparavant et rejoignons Armen pour monter dans le bus qui nous emmene a Dadivank. Pour tromper l'attente, notre compagnon de Shoushi nous raconte des blagues sur les Azeris, qui ressemblent a quelque chose du style :

- Comment superposer trois anes? Tu prends un Azeri avec son fils sur les epaules et tu les fait marcher sur la tombe d'un Azeri.

Lorsque le bus demarre, il est tellement bonde que la moitie des passager a pris l'autre moitie sur ses genoux. Logique : c'est le seul aller-retour de la semaine pour la region de Dadivank. Nous sympathisons avec un ancien footballeur et ses amis, qui nous offrent du raisin. Le chauffeur gueule sur le manque de place, sur nos sacs qui sont trop gros, et sur Dieu sait quoi encore... Les petites routes de montagne que nous traversons longent une riviere limpide (et tres certainement glacee) au coeur de forets qui se parent deja des couleur de l'automne. Impression de se retrouver au beau milieu de nulle part. Les rares arrets que nous faisons, c'est pour que les passagers fument une clope devant des estaminets en tole autour desquels rodent des chiens minuscules et galeux.

Au bout de 3 heures, on nous debarque a l'entree d'un village d'une demi-douzaine de maisons a flanc de montagne. Nous devons etre les premiers etrangers depuis des mois.

Anais :

Dadivank on y a dormi, c'etait reposant, avant les aventures qui nous attendaient pour le lendemain. Comme disait Ju il y a pas beaucoup de passage pour y aller, donc forcement pour en revenir en faisant du stop on se demandait si ca irait. On n'a finalement attendu qu'une demi heure et nous avons ete embarque par un camion de livraison. J'ai eu la chance d'etre en premiere classe c'est a dire assise devant entre le chauffeur et son collegue a faire la discussion avec l'aide precieuse du petit livre de conversation. Ju et Gwenn on eut la seconde classe pour pas dire troisieme classe c'est a dire coinces avec la marchandise derriere (c'etait des cigarettes, donc bonjour l'odeur). Ce transporteur nous a d'ailleurs arrange le prochain bout de trajet avec un collegue a lui. Ce coup la ce furent moi et Gwenn qui nous sommes retrouvees dans ce qui avait du etre un petit camion frigorifique. C'etait tres depaysant et je pense qu'en dehors du train on aura eu tous les moyens de transport possibles qui peuvent se faire en Armenie.

On a eu ensuite un court trajet pour Shushi et de la un autre pour une ville qui est dans une zone speciale, car la les policiers nous ont invite a venir faire un pti check up au poste. Finalement rien de bien mechant, ils doivent pas avoir l'habitude de voir des touristes s'arreter la, faute de vehicule qui les amene plus loin. Puis nous avons eu deux camions orange avec pour une fois de la musique digne de ce nom qui nous ont amene jusqu'a Goris. La nuit commencait a tomber et on avait un peu peur de devoir trouver  a dormir la, mais la chance nous a souri et un minivan nous a emmene jusqu'a Yeghegnazor.

Gwenn :

Et la logiquement vous vous demandez ce qu'on est alles faire a Dadivank... c'etait pour le monastere, histoire de faire original. La, pas un panneau explicatif, une barriere contre les vaches, un abreuvoir dans la cour... et nos deux tentes, et notre feu de bois aussi : personne ne surveille les lieux, c'est plus ou moins abandonne et plus ou moins en restauration. On aurait pu dormir dans l'eglise, en fait ! Ca valait plutot la peine de se galerer autant en transports, donc.

C'est depuis Yeghegnadzor que ca se corse : il a commence par pleuvoir toute la matinee, une bonne pluie bien froide et insistante, pas du tout decidee a passer. On a quand meme eu une accalmie le temps de replier (n'importe comment) les tentes (degoulinantes). Il ne nous restait que dix bornes jusqu'a Yehegis, promptement effectuees a bord du premier vehicule a passer par la.
A Yehegis, on est alles voir le cimetiere juif, un des plus vieux du monde, niche au fond d'une vallee au bord d'une riviere. Quelques motifs sur les tombes, des inscriptions en hebreu, ca nous a permi de souffler en etant presque au sec. Il y avait bien d'autres ruines dans le village, mais on a tout bonnement eu la flemme de les chercher entre les maisons bordees de tas de foin odorant. Alors on a tendu le pouce et hop ! A la seconde voiture, nous voila partis pour Selim.

Selim : 2000 et quelques metres, sur la route qui separe le nord (et le lac Sevan) du sud (ou nous etions). La haut, austere et trapu, le caravanserail du meme nom. On est en plein sur la route des caravanes entre le Caucase et l'Iran, et la vue sur la vallee est magnifique.
Ensuite, et pour finir la longue route entreprise depuis Dadivank, on file plein nord vers Noratus, au bord du lac Sevan. Le lac nous apparait des qu'on quitte les montagnes : grand comme une mer. A Noratus on erre entre les khachkars (l'etat du clavier me dissuade de me lancer dans une definition), guides par des gosses a l'anglais incomprehensible.

Julien :

Cette nuit-la, nous aons de nouveau dormi chez l'habitant, bien au chaud. Notre carnet d'adresses de cesse de se remplir du om de tous ces gens qui promettent de venir nous voir en France, quand le visa coutera moins cher... ou que l'Armenie fera partie de l'europe ;)

dimanche 13 septembre 2009

Karabagh : les marchouts, Tigranakert, Gandzasar et Shushi

Anais :

C'est une region vraiment particuliere, totalement assistee par l'Armenie et les aides Internationales ce qui fait qu' on est assez surpris de trouver Stepanakert (la capitale de ce petit bout de territoire, 150 000 habitants) beaucoup plus propre et entretenue que Yerevan. Ici les gens sont encore plus accueillants et on est encore moins presse qu'on ne l'est dans le reste de l'Armenie. Je vais laisser a Julien et Gwenn le plaisir de parler de Tigranakert et de Gandzasar, je vais me contenter de notre experience de ce matin.

Le trajet en marshut pour se rendre a Gandzasar, deja on vous avait dit que les gens s'entassaient bien dans ce genre de vehicule et bien nous avons battu un record ! On est rentres a 28 dans le machin !! Je vous assure qu' on oublie toute notion de confort et on tente de faire abstraction de son sens olfactif, sinon la situation devient tres vite intenable. On goute avec d'autant plus de joie le moment ou le conducteur fait signe pour nous faire comprendre qu'on est arrive.

Gwenn :

Alors, oui ca fait beaucoup de nouvelles, mais on ne sait pas quand on retouvera Internet apres notre depart de Stepanakert. On a donc choisi Shushi pour base ; c'est a 10km de la capitale, on est loges et nourris, ce qui nous evite de nous galerer au petit dej et au diner, et puis pour monter la tente, la demonter, se trimballer nos sacs.... La famille est en plus super sympa, meme si on ne se comprend que par gestes :).

Tigranakert, ce fut assez special, puisque ce site archeologique etait jusqu'a il y a peu interdit aux touristes. Resultat, on a du donner nos passeports... pour faire trente kilometres en bus... ce qui me laisse encore perplexe. Le site en soi est assez etrange, tres pres de la frontiere avec l'Azerbaijan (faites 5km vers l'ouest, sautez sur une mine et ne revenez pas a la case depart, quoi). C'est pour cette raison que toutes les habitations du village qu'il y avait la sont desertes depuis la guerre, les gens ayant fui ailleurs. Une partie des materiaux recuperables ont ete utilises pour la reconstruction de Stepanakert. Quinze peles repartis sur une lande aride, ambiance garantie... Au milieu de cette desolation, un chateau style contes de fees, en cours de renovation, qui semble surgi d'un livre sur les chevaliers, et une ruine de batiment assez imposant, des ecuries. Devant : l'Azerbaijan, tout plat, derriere : le Karabagh, tout montagneux.

On est un peu montes voir les ruines de l'une des anciennes capitales de la Grande Armenie du Ier siecle ; construite par Tigrane (Tigranakert : kert -> construite). Quelques blocs de pierre sur la colline, on regrette de ne pas avoir un archeologue sous la main pour nous expliquer un peu tout ca.

On est repartis des que possible vers la capitale, en stop (c'est le marchout qui s'est arrete, finalement), puis on vous a bloggue un bout... et dans la soiree on a commence a explorer Shushi (mais de plus amples visites sont prevues tout a l'heure). Je laisse a Ju le soin de vous conter Gandzasar.

Julien :

Une autre chose assez intrigante dans la région, c'est l'omniprésence militaire. Dans les bus, il n'est pas rare de se retrouver assis à coté d'un homme en treillis, tandis que les routes sont sillonnés par des camions transportant troupes, chars et canons. Parfois, au détour d'une route de campagne, on croise la carcasse d'un blindé en train de rouiller entre deux trous d'obus. Ajoutez à ça les agriculteurs qui font bruler Dieu-sait-quoi dans leur arrière-cour au meme moment, et les champs de blé finissent par prendre des airs de champ de bataille. Pour nous rassurer, des panneaux bleus de l'organisatin Halo Trust nous rappellent régulièrement que les environs ont été récemment déminés. Ouf.

Ce matin, départ pour un lieu au nom inquiétant : Gandzasar. Au terme d'une heure de route, coincés comme des sardines dans un minibus rempli de monde, nous sommes arrivés à un petit village du nom de Vank, qui a la particularité d'etre construit autour d'un gigantesque restaurant en forme de bateau et judicieusement surnommé par ses habitants "le Titanic".

De là, nous avons été pris en stop dans une voiture de luxe (comprenez : pourvue de ceintures de sécurité) et avons rejoint le monastère proprement dit. Le batiment en lui-meme date du XIIIe siècle et est un classique d'architecture arménienne : coupole, peu d'ouvertures, murs gravés de dizaines de croix (voir la bannière du présent site).

Le plus intéressant était à l'intérieur, puisque nous avons eu la chance d'assister à notre première messe arménienne.

L'office se déroule de façon très solennelle : le pretre chante, un choeur de femmes lui répond. Le tout est admirable de beauté et de justesse de ton, on croirait entendre la voix des anges (d'autant que, dans un premier temps, les chanteuses sont restées invisibles).

A un moment donné, on tire un grand rideau de velours devant l'autel. Impossible de savoir ce qui se trame derrière. Lorsque le rideau s'ouvre, le pretre descend, accompagné de deux religieux tenant, l'un un baton à grelots, l'autre une bannière. A peine ladite bannière est-elle descendue au niveau des visiteurs que ces derniers se jettent littéralement dessus pour l'embrasser et s'en couvrir le visage.

Très impressionnant, donc. Et que dire de l'encensoir qui plonge littéralement l'assistance dans la brume...

Gwenn :

Pour ce qui est de la suite, nous allons demain a Dadivank, de la on se redescendra sur Stepanakert, Shushi, pour repasser la frontiere. On remontera vers le nord via : Goris, Sisian, la passe de Selim et le caravanserail qui s'y perche, pour aller gouter l'eau du lac Sevan a Noratus, et a Sevan, donc. Ca fait une trotte, on tentera de donner des nouvelles a partir de Sevan, s'il y a Internet !

samedi 12 septembre 2009

Tatev, Shoushi, Stepanakert, Tigranakert

Gwenn :

Bon,  ce n'est vraiment pas facile de degotter un acces internet au Karabagh... nous y sommes enfin arrives, mais on ne va pas vous epargner ce qui a precede...

On vous avait laisses sur Goris, qui est une  jolie ville, quoique peuplee de petits c... desoeuvres qui ne ratent pas une occasion de venir se rincer l'oeil sur les deux magnifiques creatures que nous sommes, Anais et moi : pas tres propres, plus ou moins vaseuses, en gros jean et chaussures de rando, chargees d'un big sac, c'est sur qu'on est exotiques, mais enfin je ne vois pas ce qu'ils nous trouvent... ah si  les yeux clairs, parait-il. Tout ca pour dire que le regard des mecs, me donne souvent envie de leur arracher les yeux, toute patience a l'egard des differences culturelles mise a part.

De Goris, nous voulions rallier Tatev, un monastere classe au patrimoine mondial de l'humanite par l'UNESCO. On a fait du stop, mais un peu tard, et puis les gens nous demandaient toujours 10.000 dram - 20 euro, quand meme, pour nous y mener. Comme ca faisait un peu cher des 25km, on a finalment pris un taxi, pour 6.000 dram - 12 euro, ce qui restait raisonnable.
C'est la qu'on a compris : il n'y a pas de route. Enfin si, il en reste des bouts entre les nids de poule. Et pour bien faire, c'est une route de montagne, toute en lacets et de virages en epingle, avec des eboulis par endroits. On a donc mis une heure et demie pour y aller, et heureusement qu'il faisait nuit.... Cela etant tout ce qu'on a vu pendant le trajet etait tout a fait interessant, comme ce village au coucher du soleil qui nous a fait remonter le temps, cet autre village constitue uniquement de points de lumieres descendant dans la vallee, et l'ombre du monastere enfin, se detachant sur le ciel etoile.

Au matin, apres avoir encore passe la nuit dans un endroit absolument superbe (c'est limite du luxe, ce genre de vision au reveil), on a entrepris la visite. C'est un site assez grand, constitue de deux eglises accollees entourees d'un rempart. Tout le long du rempart, a l'interieur, se repartissent les batiments non lies au culte : cuisine, boulangerie, scriptorium, dortoirs, ecuries, residence de l'eveque, et salles de cours puisqu'une universite se trouvait la. Le tout est perche sur une avancee qui  plonge dans la vallee, c'est assez spectaculaire. Il  y a beaucoup a explorer. L'eglise principale m'a encore une fois laissee sur le cul : elle est particulierement haute, dedans comme dehors, la voute est tres elevee, les volumes tres importants, il s'en degage cette athmosphere particuliere de perfection propre aux batiments ou l'architecture se suffit a elle-meme, sans besoin d'ornements grandiloquents. Apres diverses verifications, il s'avere qu'elle date du IXe, epoque ou par chez nous on ne construisait pas grand chose d'aussi impressionnant...

Apres, il a fallu repartir de la, et vous l'aurez compris, Tatev n'a pas besoin de programme de protection, sa route toute medievale y suffisant largement. Le stop donc, n'a pas ete une partie de plaisir...

Anais :

Revenir, tout une aventure en soi ... Pour la petite histoire on a croise sur place deux francais qui etaient venus la avec une Lada louee a Yerevan, mais helas trop petite pour nous embarquer nous et nos gros sacs. Ils ont tout de meme du avoir pitie de nous, car ils sont repasse nous dire que le minibus de japonais qui faisaient des releves sur le site etait au restaurant un peu plus haut et que dans la discussion on avait mentionne que Julien parlait bien cette langue. Julien est donc alle negocier un potentiel lift de retour sur Goris depuis ce bout du monde, le fait etant que les japonais restaient a bosser jusqu'a 18h, en attendant, les francais on eut l'amabilite de nous payer ce que j'estime etre les meilleurs brochettes de patate que j'ai pu manger. J'avais froid et je devais vraiment faire triste figure car ils ont bien insiste pour que je me remette.

En parlant donc de notre programme pour les semaines a venir ils ont bien ri ces deux francais vehicules lorsqu'on leur a annonce qu on comptait rejoindre Shushi au Karabagh en faisant du stop le soir meme, selon eux on n'y arriverait jamais. Eh bien on l'a fait !

On a surtout eu la chance qu'a 16h un minibus d'autrichiens passe et ait suffisament de place pour nous prendre, ce fut un reel plaisir de boire un cafe en leur compagnie et de reparler allemand. Pour le coup a 18h nous voila de retour a Goris devant l'hotel des autrichien, ou nous retrouvons nos deux francais tout etonne de nous voir la juste avant eux.

Pour rejoindre ensuite le Karabagh ce fut tout d'abord un couple qui nous a amene a Tegh (un village plus pres de la frontiere) ou nous avions assez peu d'espoir d'encore trouver un vehicule, mais c'est un camion citerne qui s'est finalement arrete et nous a pris. On est arrive a Shushi, mais a 23h, car le camion ne depassait pas les 20 a l'heure (Precision de Gwenn : parce qu'il peinait dans les montees, et freinait dans les descentes, et qu'il n'y avait pas de plat...). L'important c'etait d'avoir cloue le bec a ces deux pessimistes qui nous assuraient que notre jeunesse nous faisait voir trop grand.

Gwenn :
En attendant que Ju vienne prendre son tour... ca m'a rappelle tous les oiseaux de mauvaise augure qui m'ont dit que le stop ceci, le stop cela... quand ce genre de consideration emane de personnes possedant une voiture, il ne faut surtout pas ecouter ^^.

Poursuivons sur notre arrivee a Shoushi. Apres la gloire d'etre arrives, on a fini par capter qu'il etait tard, qu'il pleuvait, et que le portable d'Anais ne captait pas pour joindre notre contact local. On a donc entame une procession demoralisee vers la ville, et tendant le pouce au hasard est tombes sur un marchout (je laisse a Ju)...

Julien :

Remplis d'espoir, nous demandons aux cinq hommes du véhicule s'ils connaissent Armen, notre contact à Shushi. Délibérations. L'un des hommes sort son téléphone portable et appelle un de ses amis, qui parle anglais.

Apparemment, Armen n'est pas chez lui. Personne ne sait où il est. Magnifique! Nous demandons donc à être déposés à un hôtel, d'autant que la situation est assez stressante : de nuit, dans un terrirtoire inconnu, entourés de gars qui rigolent entre eux en dialecte local...

Pour renforcer le malaise, on nous conduit, sans trop rien comprendre à nos demandes, le long d'une petite route caillouteuse qui semble mener vers la périphérie de la ville. Alors que j'envisageais nos chances d'ouvrir la porte et de sauter en marche, le conducteur s'arrête devant ce qui semble être un bâtiment en construction et nous fait signe de descendre...

En général, c'est à ce moment là qu'on marque "A suivre..."

...

Je plaisante.

En fin de compte, nous nous retrouvons dans la maison d'un gentil couple et de ses 6 enfants. Si le bâtiment ne paye pas de mine, c'est que Noriq (notre hôte) est maçon et a tenu à construire sa maison lui-même. C'est un foyer agréable et chaleureux où résonnent les voix d'enfants. La salle de bains n'est pas encore terminée et c'est un seau d'eau qui tient lieu de lavabo, mais Noriq et sa femme mettent un point d'honneur à nous montrer l'hospitalité des gens du Karabagh. Cela fait deux nuits que nous dormons chez eux, et ils ont déménagé un grand lit dans une pièce attenante pour nous permettre de roupiller en toute intimité. Ils ont même accepté de nous faire des repas végétariens (petite pensée pour BJ lorsque Noriq a sorti du placard son cognac 3 ans d'âge préféré).

Armen est finalement arrivé, et nous a fait profiter, outre d'une traduction simultanée salvatrice, de toutes ses informations sur la région. A part ça, nos ventres nous font un peu moins de misères. C'est assez incroyable de passer par des coins où des ânes minuscules portent des tas de paille plus gros qu'eux, où des bergers rentrent leurs troupeaux à dos de cheval et où les fermiers s'en reviennent le soir, une faux sur l'épaule... impression de remonter le temps, comme disait Gwenn.

La suite à la prochaine étape!

 

mercredi 9 septembre 2009

Garni, Geghard, Khor Virap, Noravank, Sisian, Goris (a tes souhaits !)

Gwenn :

Bon, allons y pour quelque chose de plus consistant pour vous ;)

On a vu plein de trucs depuis la derniere connexion, qui effacent un peu la premiere impression bizzaroide sur le pays. On est un peu sortis de la Grande Ville (Yerevan c'est reellement trop grand), et on est partis gouter les joies de la campagne. Les gens sont totalement differents, tres gentils, toujours prets a aider quand on se pose dans un parc pour souffler ou pour manger un bout.
Par contre ca risque d'etre un peu long hun...

On a donc repris la route pour aller vers Garni, pas tres loin de Yerevan, pour aller voir le seul vestige paien du pays, un temple qui aurait ete dedie a Mithra. On s'eloigne de la capitale, nos gros sacs serres contre nous dans le minivan, et tout de suite on entre dans les montagnes toutes pelees, sur une route defoncee ou le bus s'arrete parfois au milieu de nulle part pour deposer un passager. En descendant, nous faisons connaissances avec d'autres visiteurs ; un armenien et deux polonais qui tous parlent anglais, et qui nous invitent a les rejoindre. Ce qui devait etre un apres midi hasardeux se transforme en chouette balade (malgre les sacs et le soleil qui tape). D'abord le temple, tres majestueux, plus impressionnant meme que sur les photos, perche en haut d'une falaise. En bas dans la gorge coule une riviere glacee, que nous atteignons apres une descente bien raide. Les parois de la gorge sont entierement constituees d'orgues basaltiques, comme la chaussee des geants en Irlande mais en : plus grand, plus vaste, plus isole, beaucoup plus beau (a mon sens). 

Sur le bord de la riviere, on s'est baignes (vraiment glacee a n'en pas douter, mais reellement bienfaisante apres la longue marche qui nous y a mene), on a pique-nique, pas mal papote, et appris des choses bien interessantes sur le lieu.

C'etait deja tres bien, mais la journee a ete couronnee par la visite du monastere de Geghart, non loin de la. La du coup j'ai trouve ca beaucoup trop court, je serait facilement restee deux ou trois jours a scotcher la... C'est assez difficile a decrire, c'est surtout une athmosphere particuliere, tres prenante, qui n'a rien a voir avec la foule du cortege de mariage qui passe par la, qui persiste malgre l'agitation. Le site est etabli en plein dans un flanc de montagne, ce qui plante deja un decor assez theatral. Les batiments sont tres anciens, et plus de la moitie du complexe est creusee dans la roche : c'est la que ca devient interessant, il n'y a de lumiere que celle qui parvient de la coupole et celle des cierges, on evolue dans un clair obscur fascinant, dans une architecture mi-brute mi-travaillee, avec un sol inegal et des murs de falaise mais des piliers ouvrages, des coupoles et des sculptures tres fines.
Bref, pour moi, cela fut un vrai choc esthetique. Surtout la salle de l'etage, qui surplombe les autres, tres epuree, deserte, d'une architecture absolument parfaite ( a mon sens).
Je doute que cela en interesse certains, mais l'ensemble date a peu pres des XII-XIV siecles, quand par chez nous on commencait a faire des putains de belles cathedrales - ici c'etait plutot les monasteres, donc, et on n'allait pas forcement vers la hauteur.

Au soir, on a dormi au bord de la riviere, la ou on a pique nique dans l'aprem... c'etait terrible, terriblement paradisiaque :)
Je passe la main a Ju ^^


Julien :

                                
Les orgues basaltiques, ça ressemble un peu à de grandes guimauves de pierre. Une tentation perpétuelle pour les gourmands de la grimpe, qui aimerait bien avoir chaussons et baudriers sous la main pour faire plus ample connaissance avec ces parois!
Par en dessous, l'eau suinte depuis le plateau et creuse des grottes qui protègent de la chaleur du soleil. Les falaises sont comme un linge humide et froissé qu'on aurait tordu pour en faire tomber les dernières gouttes. S'il n'y avait pas toutes ces bouteilles en plastique vides qui jonchent les berges de la rivière, on pourait se croire, au petit matin, le premier jour du monde.

Petit à petit, on apprend le pays. On ne paye plus de "suppléments bagages" démesurés aux chauffeurs des minibus et le prix des fruits a bien baissé depuis que les vendeurs n'essayent plus de nous vendre trois figues au prix du kilo.

Le 6 septembre, c'est aussi le jour où TOUT LE MONDE est venu nous parler. Parfois, c'était des gens du cru qui nous confiaient leur sagesse (ou leurs considérations sur le poids de nos sacs) dans un mélange de français, d'arménien et de russe. Inutile de préciser que les filles font forte impression avec leurs énormes backpacks sur le dos... ici, la gent féminine semble plutôt du genre maquillage et talons hauts (et plus on vieillit, plus il y a de maquillage, et plus les talons prennent de la hauteur, ce qui fait que, contrairement aux lois naturelles, les personnes âgées en Arménie sont plus grandes que dans leur jeunesse).

On a aussi eu droit aux enfants qui viennent tester leur anglais sur nous (ce qui est assez rapide en général, puisque leur anglais se limite à "Hello, how are you?") et même une petite fille bilingue qui a insisté pour faire une photo de famille à Khor Virap.

Khor Virap,c'est LA carte postale arménienne. Le tout petit monastère dans l'ombre du géant bicéphale qu'est le Mont Ararat (mais si, celui où repose l'Arche de Noé...). Dans ce monastère, donc, aurait été enfermé pendant 13 ans Saint Grégoire l'Illuminateur, au fond d'un puits rempli de serpents. Figurez-vous qu'on peut y descendre, dans ce puits, moyennant une petite frayeur en forme d'échelle de métal glissant sur 6 mètres. Le puits en lui-même n'est éclairé que par la dévotion des pèlerins, c'est-à-dire par les cierges. Du coup, en l'absence d'aération, la fosse est entièrement plongée dans un brouillard perpétuel. La chaleur et la fumée rendent l'endroit suffocant. Impossible de remonter si quelqu'un fait un malaise. Il y a peut-être un passage secret?

Avons passé la nuit à Noravank, dont Anaïs vous parlera tout à l'heure. Je sais que ça n'intéresse que moi, mais les étoiles étaient vraiment magnifiques cette nuit-là, et l'ombre du monastère qui se découpait dans la pleine lune valait tous les B&B du monde.

Le lendemain, nous sommes tout de suite pris en stop pour Sisian, et il n'est pas encore midi que nous filons à travers un interminable paysage de landes pelées. Seule trace d'activité humaine, des poteaux rouillés tendent des fils entre les montagnes. Si la vallée de Noravank faisait penser à la cambrousse Afghane, les environs de Sisian rappellent étrangement l'Ecosse.

Connaissez-vous le code de la route arménien? Il tient en quelques lignes :

- Certains arméniens préfèrent rouler à gauche. Si deux voitures roulant à gauche se rencontrent, elles se doivent de revenir sur le côté droit au dernier moment (klaxon en option).
- Toute route comporte 5 voies : celles de droite, pour les conducteurs pressés, et celle de gauche, pour les conducteurs encore plus pressés. Il y a aussi la bande centrale, qui sert aux camions désirant doubler les conducteurs pressés. Tout arménien peut à volonté créer une voie supplémentaire en faisant rouler sa voiture n'importe où et en klaxonnant très fort (pour éviter un nid-de-poule par exemple). Enfin, il y a le bas-côté gauche qui sert exclusivement à la pérégrination des troupeaux de vache.

Anaïs :

Noravank est, à mon goût, jusqu'à maintenant ce que j'ai vu de plus beau. Surtout que pour une fois on est arrivé en ayant une lumière qui était, comme dirait Gwenn, parfaite. On y a eut le plaisir de rencontrer l'un des membres du nouveau minsitère de la Diaspora arménienne qui parlait un super français pour avoir vécu en France pendant 7 ans.
Pour le coup ce soir là on a campé plus loin de la rivière car à Garni on dormait juste à côté et on dirait pas comme ça, mais qu'est ce que ça fait comme bruit.
La cuisine on l'a faite sur un vrai feu, parce que le réchaud s'avère ne pas être très commode comme outil pour cuisiner convenablement (dixit la fille qui adore le gigantesque plan de travail de chez papa, maman).
Ce même soir on a eu droit à la visite surprise du gars qui nous avait aimablement pris en stop et amené depuis Khor Virap et avait disparu ensuite sans autre explication. En fait il était juste parti chercher un pote pour nous proposer de venir boire de la vodka avec eux, ce qui était la dernière de nos envies. C'est grace aux talents incontestés de diplomate de Julien que finalement ils ont compris qu'on voulait dormir et pas fêter la bonne entente franco-arménienne autour d'un shot.

Le lendemain, la personne qui nous a pris en stop pour Sisian parlait un anglais assez bon et dans sa voiture (un modèle américain) O joie, il y avait des ceintures de sécurité. Oui il faut dire que dans la plupart des véhicules ces accessoires sont en option, et même si il s'y trouve, les passagers ne la mettent pas forcement.

Arrivé à Sisian, je vais passer les détails, mais on a encore dormi dans un endroit vraiment unique.
Zhorat Karer, est l'équivalent arménien de Stonehenge ou Carnac, et on a pu planter la tente là juste à côté des pierres. Bon c'était un peu venteux, mais on avait la plus belle vue qu'un campeur puisse souhaiter.

Donc là nous sommes à Goris où nous avons dormi dans une chambre d'hôte, car il se trouve que mon estomac en a eu marre du régime lavash tomate concombre et a décidé de faire me faire des misères. Hier j'ai pas écrit, car j'avais trop mal au ventre pour bouger du lit de notre chambre, mais pas d'inquiétude, les médicaments font qu'aujourd'hui je vais déjà beaucoup mieux et demain tout sera à nouveau comme avant. Quoiqu'il en soit il est indéniable que c'est bon de dormir dans un vrai lit et d'avoir l'usage de vraies toilettes lorsqu'on est pas au top.

Sur ce on tente de rejoindre Shushi demain soir, la suite de nos aventures quand on sera là-bas.

Gwenn :

 La c'est con, mais on ne vous a pas parle de l'expedition en haut du mont Ishkanasar pour voir les petroglyphes d'Ughtasar : on vous en parlera une autre fois, parce qu'il faudrait un post entier pour cela. A la prochaine donc, lorsque nous serons dans la Republique Hypothetique du Haut Karabagh, une zone qui politiquement n'est pas tout a fait reconnue par le reste du monde, mais soyez sans crainte, il n'y a pas de danger, et on sera tres prudents (ca vous rassure pas, mais dites vous que c'est comme la Corse... non, c'est pire maintenant ?).

Bisous les gens, merci pour vos reponses, et Rhalph : le Japon est un pays plus riche que la France, hun ;)



mardi 8 septembre 2009

Goris

Juste pour vous dire qu'on est vivants, a Goris. Tout marche bien, le stop, la gentillesse des gens, le camping... On repostera plus longuement dans quelques temps, c'est juste pour donner signe de vie !

Julien :

Merci a tous pour vos messages :) on s'est reveille le 6 au coeur d'une vallee dite des 'Orgues basaltiques' ou 'Symphonie de pierres'... tout un programme. Ca va en faire des pages pour vous raconter tout ca! Heureusement, on pourra se relayer ;)

vendredi 4 septembre 2009

Echtmiadzin, Yerevan, et les joies de la vie en communaute

 

Julien

Bon, ça y est, j'ai réussi à mettre le clavier en Français. Mais comme les touches ne correspondent pas, je dois rester les yeux fixés sur l'écran pendant que je tape... ça me rappelle un peu l'alphabet arménien. Tout fonctionne à merveille une fois qu'on s'est mis en tête que lorsque, par miracle, une de leurs lettres ressemble aux nôtres, elle ne se prononce JAMAIS de la même façon. Par exemple, U peut se dire VO, ce genre de choses. Il n'y a que le O qui soit à peu près normal, sauf qu'on ne le voit jamais dans aucun mot.

Ce matin, réveil en fanfare par les colocs qui ont décidé de sortir en boîte (ça doit être l'équivalent des bus locaux, avec de la musique et de la bière) et qui sont revenus à 4h avec la grâce et la légèreté d'un troupeau d'éléphants qui aurait appris à se servir d'un interrupteur, de la douche et de la bouilloire. Heureusement, on s'en va demain!

Je laisse à Anaïs le soin de vous raconter ce qu'on a fait hier et je me réserve le récit de la grande bataille d'aujourd'hui : nos visas pour le Nagorno Karabagh (à vos souhaits).

Le Nagorno Karabagh (NKR pour les intimes) est un petit pays coincé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Malheureusement pour ce petit bout de territoire, son indépendance n'est reconnue que par l'Arménie. Il y a néanmoins un pseudo-consultat du NKR à Yerevan, sis au fin fond d'une petite banlieue dans une maison immense qui semble n'abriter que deux employés (dit comme ça, on dirait la description d'un bureau de poste local).

La victoire, c'est que l'obtention du visa est censé prendre des jours et coûter cher (dixit les guides de voyage). Or, nous avons appris hier que par un étrange miracle, en ce moment, le NKR se brade, le visa ne coûte plus que 6€ et on peut l'avoir en seulement une heure!

Nous avons donc eu tout l'après-midi pour continuer notre exploration de Yerevan, par la visite du Memorial du Génocide notamment... la suite plus tard!

Anaïs : (wouhou j'ai même pu mettre les trémas)

Alors hier nous avons été faire une tour à Ejmiatzin qui se trouve à une trentaine de minutes de Yerevan en minibus. Cette ville n'a rien de bien extraordiaire en dehors du fait qu'elle abrite l'Eglise Arménienne qui n'a rien à voir avec l'Eglise qu'on connait en France.

Donc visite de la Cathédrale qui m'a frappé par la sobriété de son architecture, l'habitude de nos cathédrale de style gothique. En outre en visistant le trésor, j'ai du réviser mon impression, la sobriété vestimentaire on oublie, les toges des hauts représentants de l'Eglise n'ont rien à envier à nos archevêques, êveques ou même le pape.

On en a profité pour acheter de suite toutes les cartes portales et étant donné qu'il faisait à peu près aussi chaud qu'à Toulouse on s'est posé à l'ombre pour les rédiger dans la foulée. On les a envoyé : en gros on a été voir la bureau de poste de la ville, qui avait plutôt l'allure d'un squat deserté traversé d'un courant d'air, où deux employés pas pressé nous on regarder approcher d'un air apathique. Ignorant jusqu'au prix d'un envois à l'étranger, après avoir consulté une tierce personne ils nous ont finalement annoncé le prix et pris les cartes en hochant aimablement la tête. Maintenant je croise juste les doigts pour qu'elles partent bien et arrivent à bon port.

Ensuite pour finir Ejmiatzin on a visité deux des 3 églises qui s'y trouvaient; dont une du 7ème siècle tout de même où on a même pu appercevoir un mariage, mais je laisse Gwenn en parler parce qu'elle le fait mieux que moi.

Sinon, il fait tout de même bien chaud et jusqu'à maintenant on n'avait que nos pti sacs avec nous; donc on ne souffrait pas trop de la chaleur, mais je pense que ça sera une autre histoire à partir de demain...

Gwenn :

De toute maniere a partir de demain, on quitte Yerevan, ce qui ne nous fera pas de mal ! Cette ville est grande, grande, vous pouvez pas imaginer ; il y a un million d'habitants mais lorsqu'on est en hauteur, on a l'impression que les batiments ne s'arretent jamais, sauf la-bas dans la montagne (on a hate d'y etre).

Donc oui Etchmiadzine, c'est pas la ville du siecle, c'est juste le siege de leur Eglise, mais moins impressionnant que notre Vatican italien, donc. Je vous fais pas le topo de la legende locale, quoique c'est assez interessant de savoir comment le pays est devenu chretien :
alors voila, Rome persecutait les chretiens, qui sont venus chercher refuge en Armenie, dont le roi etait encore paien. Parmi ces chretiens, saint Gregoire, et sainte Hrispine. St Greg a voulu convertir le roi, qui en bon mecreant, l'a fait enfermer dans une cellule pendant treize ans pour lui signifier son refus. Il a aussi tente de violer sainte Hrispine, mais il n'a manifestement pas reussi, et la demoiselle est morte en martyre.
Mais Dieu veillait, et telle fut sa divine sentence : le roi devint fou, se comportant comme un sanglier, des tourments terribles s'abbatirent sur sa demeure et ses proches furent possedes (fallait pas abuser en ce temps la...).
La soeur du roi eut une vision : saint Greg etait delivre, les martyrs enterres, les personnes possedees, liberees.
Le roi se repentit alors, et pas qu'un peu : il fit du christianisme la religion officielle (et fut le premier au monde a faire ainsi), et delivra saint Greg qui devint eveque (pas rancunier, le gars...).

Maintenant que vous savez cela, vous comprendrez donc mieux ce qu'on allait fiche a sainte Hrispine, une des plus anciennes eglises d'Armenie, construite au 7e siecle au dessus de l'ancienne eglise du 4e. Elle a resiste a tous les tremblements de terre qui ont ebranle le pays, elle est tres bien conservee, tres simple et assez grande (la difference n'est pas immense avec la cathedrale par exemple), et on peut entrer dans une crypte qui abrite l'ancienne eglise et tombe de Hrispine.
C'etait tres chouette, d'autant que nous sommes arrives pendant un mariage. Pas grand chose a dire du mariage a l'Armenienne, mis a part que les maries louent une limousine pour l'occasion, et klaxonnent dans la rue tout comme par chez nous.

On commence a s'habituer aux transports en commun toujours bondes, jamais signalises (ne pensez pas voir un plan de ligne, ca n'existe pas), et ou on paie a la distance. Passe la premiere frayeur face a ces minivans (ca s'appelle marchrouts), toujours pleins, mais plein genre avec cinq personnes debout penchees contre le plafond qui est bien bas, et trois personnes pour deux sieges, et qui roulent bien plus vite que leur grand age et la circulation ne les y autorisent, et ben c'est assez fun (et pratique).

 

Donc pour la suite, si tout va bien et dans les grandes lignes : demain nous quittons cette ville tentaculaire pour Garni et Gherart, puis nous allons vers Khor Virap (pas loin de la frontiere turque, mais tout est tranquille vous en faites pas).
On filera ensuite vers le sud : Sisian et Goris, en visitant plusieurs sites sur la route, mais cela vous le saurez plus tard. On se reconnectera au pire dans une semaine, probablement avant.

mercredi 2 septembre 2009

Yerevan - Arrivee

Gwenn :

Nous sommes bien arrives, le voyage fut long mais pas desagreable. Nous sommes a present a Yerevan, chez une couchsurfeuse polonaise tres sympa, avec sa coloc italienne et deux autres iraniens. Pas grand chose a vous dire, on n'a pas fait grand chose et on projette surtout de domir aujourd'hui !

Anais :

Premieres impressions completement renversantes. Disons que pour un premier voyage dans un pays où la vie est bien moins chere que dans la grande majorite des pays europeens, c'est violent. De voir partout des batiments dans un etat de delabrement certain, des militaires et la marque du passage sovietique, ca fait tout drole. Sinon une fois la premiere phase de choc passee et un cafe plus tard (pas reussi a dormir dans l'avion) je commence a apprecier cet environnement totalement nouveau et etranger. Encore plein d'impressions a venir, mais je vais d'abord dormir j'y verrai deja plus clair ^_^.

Julien :

C'est bizarre, c'est comme un reve. Des rues en bazar, des chantiers partout, des bus pleins a craquer... on ne sait plus trop ou donner de la tete. Pour le moment, on tente de dechiffrer la langue. Devinez quoi? En armenien, "merci" se dit... "merci".

En revanche, on travaille encore sur la traduction de phrases - o combien utiles - comme "pardon, je ne voulais pas vous eborgner avec mon sac a dos".

En esperant qu'on aura des accents disponibles sur le prochain ordinateur, je vous dis... bonne nuit. 

PS de Gwenn : il vous dit bonne nuit mais on est en plein apres midi hein : il est 11h30 chez vous et 14h30 ici.

samedi 29 août 2009

Arménie : les présentations

Gwenn qui voit rien sans ses lunettes, Julien qui parfois ferait mieux de se taire, et Anaïs qui préfère ne pas entendre ça.

Gwenn, 20 ans + 2, ex-étudiante en histoire, en histoire de l'art, future étudiante en photographie, caissière, auto-stoppeuse misanthrope, végétarienne chiante. Je suis allée au Japon, en Inde, en Europe de l'Est, en Irlande et en Ecosse et en Espagne, bref, tout est ici ! J'ai très hâte de tester la tente minuscule acquise pour l'occasion (ça risque de ne pas durer).

Julien, 22 ans (bientôt 23, faudra attendre 10 ans avant d'avoir de nouveau un âge palindrome...) ex-étudiant en Japonais, futur étudiant en journalisme, je voulais faire une présentation plus drôle mais on m'a dit d'être concis. Mon rôle : lier conversation avec l'indigène et porter la tente.

Anaïs, 22 ans détentrice d'une Licence LEA Anglais Allemand, a tenté une année de LLCE de Finnois/ Suédois et fraîchement sortie de l'AFPA avec son titre d'Assistante de Direction. J'ai déjà été en Finlande et j'ai plein d'autres destinations en vue. Quand elle m'a dit "On va aller en Arménie avec Ju", j'ai juste dit "Je peux venir ?!" 

Si vous vous demandez "Pourquoi l'Arménie ?", il n'y a pas de vraie réponse. Ce n'est pas très loin, c'est plutôt tranquille, mais ils ont une langue imprononçable, histoire de corser les choses.
Pour ceusses qui ne nous connaîtraient que de loin : Ju est le fiancé de Gwenn qui est la meilleure amie d'Anaïs (et vice-versa, naturellement).



Précision d'importance : pour répondre, il faut indiquer un nom et une adresse email. En fait il suffit de mettre quelque chose comme ab@cd.fr, et ça roule.
Une fois que cela est fait et que votre réponse est prête, cliquez sur "prévisualiser" et ensuite sur "envoyer". Si vous oubliez de cliquer sur envoyer, on ne recevra rien !

.

lundi 24 août 2009

Arménie

Le blog reprend du service pour le mois de septembre.

Une fois n'est pas coutume, le voyage se fera à trois, et durera moins d'un mois. Nous partons en Arménie pour trois semaines, alors voyons un peu, l'Arménie (les gens ayant tendance à ouvrir des yeux comme des soucoupes à l'énoncé de la destination, je me fends d'une présentation sommaire).

L'Arménie est un pays grand comme la Suisse, ou comme la Bretagne, si ça vous parle plus. On y compte à peu près 3 millions d'habitants, dont 1 million à Yerevan, la capitale. On y parle arménien, on y écrit avec un alphabet exclusivement crée pour cette langue, ce qui promet de longues heures de consultation du guide de conversation. L'anglais n'y est pas beaucoup parlé, le français un peu.

Vous pouvez retenir  deux faits importants de son histoire : ce fut le premier Etat à adopter le christianisme comme religion officielle, ce qui se traduit aujourd'hui par la présence de plein de monastères, et par une culture très marquée par la religion.
Et puis le génocide arménien, qui provoqua la mort d'un million d'arménien-ne-s (grosso modo... je ne vous fais pas un article sur le sujet, il y a trop à dire). Depuis, la frontière avec la Turquie est fermée, et une partie de l'Arménie historique se trouve en Turquie (le lac Van, le mont Ararat...).

L'abricot, Charles Aznavour, Cher (mais si, la chanteuse), et le group System Of A Down sont d'origine arménienne (d'autres personnalités... Devidjan... Balladur... bon, au moins on ne les retrouvera pas là-bas).
Le papier d'Arménie, lui, a été inventé en France (par un français).

Quoique situé au milieu d'une région - le Caucase - à la géopolitique agitée, l'Arménie semble être relativement tranquille, rurale, pas très riche quoiqu'en croissance. C'est un pays pas mal enclavé (pas d'accès à la mer), mais qui doit beaucoup, économiquement, à sa diaspora.
Le pays est montagneux, avec une altitude moyenne de 1000m. En septembre il y fera bon, tendance bon et chaud, mais froid en hauteur.

Voici ce que je peux vous résumer sur la situation géopolitique, du haut de mes connaissances (à prendre "en gros", donc) :

Croix rouges : frontières fermées, flèches vertes, frontières ouvertes, et quand il n'y a rien c'est que cela ne nous intéresse pas.
Cela étant entre le Haut Karabagh et l'Azerbaïdjan, la frontière est fermée (mais photoshop aussi, donc la flemme).

Le Haut Karabagh, c'est un peu compliqué, mais tentons d'expliquer au moins la situation actuelle. La région a été plus ou moins autonome au sein de l'URSS . La population est à majorité arménienne, chrétienne, sachant que les Azéris sont musulmans. Le Karabagh a été "donné" à l'Azerbaïdjan par Staline, mais ça ne l'a pas empêché de déclarer son indépendance lors de l'éclatement du bloc soviétique. Cela n'a pas plu aux Azéris, qui ont répliqué, ce qui n'a pas plus à l'Arménie, qui a .... bref, il y a eu une guerre, officiellement terminée depuis 1994.
Actuellement il s'agit donc d'une zone considérée comme azérie par la terre entière, et reconnue comme autonome par la seule Arménie. On peut y accéder, moyennant un visa et un peu de prudence tout de même. Des négociations sont en cours pour déterminer une issue au conflit, sachant qu'en janvier 2005 le Conseil de l'Europe a condamné l'occupation du Haut-Karabagh et réaffirmé le droit des personnes déplacées de la zone du conflit de retourner à leurs foyers dans la sécurité et la dignité.

Voilà, maintenant vous en savez un peu plus sur l'endroit. Malgré le bazar donc, le pays en lui-même est assez tranquille. En trois semaines, nous aurons le temps de voir tout ce qui en vaut la peine, pas mal de monastères, de montagnes et de sites naturels intéressants.
Mais ça suffit pour ce soir !


(ceci était un post de Gwenn, sponsorisé par les infos de Wikipédia, son ami)

dimanche 9 novembre 2008

Dernier billet (d'avion)

 

Julien:

Eh bien voila. Nous sommes dans la ville de Narita, pres de l'aeroport. Ce soir sera notre derniere nuit sous la tente, et demain, peut-etre, notre dernier lift s'arretera dans un crissement de pneu devant notre air mal reveille.

Avant de clore ce dernier post depuis le Japon, je voudrais vous remercier, tous, de nous avoir temoigne votre soutien depuis la France, et meme tout simplement de nous avoir lus. Arigato gozaimasu.

Et, bien sur, un grand merci a ma partenaire, qui a supporte toutes ces epreuves sans broncher, malgre le froid, le rhume, et les kilos du sac qui agressent le dos. Ce voyage n'aurait pas ete le meme sans toi. Merci du fond du coeur.

A bientot, de vive voix, sur le plancher des vaches :)

Gwenn

Em. Bon ben voila hun ^^

jeudi 6 novembre 2008

Nouvelles express

Gwenn ;

Confirmons notre arrivee le 10 novembre a 23h !

Maman, je passerai a Toulouse avant de rentrer a Rennes, et Ju viendra un peu plus tard, si ca vous embete pas ;) Je vous appelle des qu`on est a Paris.

Sinon tout va bien, on quitte Tokyo demain et je suis malade, mais encore capable de raler ^^

Bisous les gens !

- page 1 de 6